Les mots qui élèvent : révéler le potentiel par la parole

Et si deux minutes de votre parole pouvaient changer la trajectoire d’un nouveau collaborateur?

Il y a des paroles que l’on oublie quelques minutes après les avoir entendues. Et puis il y a celles qui restent, qui s’installent quelque part en nous et qui, des années plus tard, continuent de nous accompagner. Ces paroles peuvent être positives comme négatives. Moi, j’en ai reçu une positive, et elle me suit jusqu’à aujourd’hui. Elle a été prononcée en quelques secondes par un responsable que je ne connaissais même pas encore, et elle a profondément marqué mes débuts chez CARE. Je vous raconte.

Un lundi matin, au cours d’une réunion virtuelle de l’équipe régionale de CARE en Afrique de l’Ouest

En mai 2022, j’ai quitté un projet financé par l’USAID pour rejoindre CARE comme Responsable Communication du bureau pays Mali et du bureau régional Afrique de l’Ouest, basé à Bamako. Pendant mes premières semaines, entre les déplacements et les rencontres qui s’enchaînaient, je n’avais pas encore eu l’occasion de rencontrer l’ensemble de l’équipe régionale.

Puis est arrivé ce lundi. C’était ma première participation à une réunion virtuelle régulière du bureau régional, et ce jour-là j’allais rencontrer pour la première fois M. Balla Moussa Sidibé, alors Directeur Régional. Nous ne nous étions jamais croisés, ni physiquement ni virtuellement. Je me disais qu’il ne connaissait pas réellement mon travail, ni ma personnalité, ni ce dont j’étais capable.

Puis est venu le moment de me présenter. Balla a dit quelque chose qui aurait pu sembler anodin : que j’étais une ressource sur laquelle l’organisation pouvait compter. Puis il est allé plus loin.

Il a mentionné mon expérience avec Toastmasters et a expliqué qu’au-delà de mes responsabilités en communication, je pouvais également être une ressource pour les collègues qui souhaitaient améliorer leur prise de parole en public.

Quelques phrases. Une minute, deux tout au plus. Mais pour moi, l’impact a été immense : quelqu’un que je venais à peine de rencontrer venait de mettre en lumière une force que je portais en moi.

Ce que quelques mots ont changé

Cette reconnaissance, reçue dès mes premiers jours avec eux, m’a donné une confiance supplémentaire. Elle m’a aidé à sortir de ma zone de confort, à oser davantage, à proposer, à prendre la parole, à croire que je pouvais apporter plus que ce qui était écrit dans ma fiche de poste. Des années plus tard, je me souviens encore de ces mots.

Et voici la partie que je trouve particulièrement intéressante. Ce n’est que bien plus tard que j’ai appris que l’épouse de Balla et moi avions lancé ensemble le Bamako English Toastmasters Club, en 2015.

Balla le savait probablement, mais moi, à ce moment-là, j’ignorais même qu’ils étaient conjoints. Cela rend son geste encore plus significatif à mes yeux : il avait simplement pris le temps de se renseigner sur la personne qu’il accueillait dans son équipe, il avait identifié une force, et il avait choisi de la mettre en lumière devant les autres.

Une leçon pour celles et ceux qui dirigent

Vous êtes peut-être directeur, responsable régional, chef de service, président d’association, manager, enseignant, parent — ou simplement une personne dont la parole compte pour quelqu’un d’autre. Dans tous les cas, ne sous-estimez jamais l’effet de vos premières paroles.

Lorsque vous accueillez quelqu’un dans votre équipe, ne cherchez pas uniquement à savoir ce qu’il doit faire. Cherchez aussi à savoir ce que cette personne sait particulièrement bien faire. Et lorsque vous trouvez une qualité, dites-la, même si vous n’en avez trouvé qu’une seule.

Vous n’avez besoin ni d’un long discours, ni de connaître toute sa carrière. Il suffit parfois d’une phrase : « Nous pouvons compter sur cette personne. » « Elle possède une vraie capacité à fédérer. » « Elle sait communiquer. » « Elle est rigoureuse. » « Elle a une excellente capacité d’analyse. » « Je pense qu’elle peut beaucoup apporter à cette équipe. »

Vous pourriez croire que ce ne sont que des mots. Pour la personne qui les reçoit, ils peuvent devenir un miroir dans lequel elle découvre une version plus grande d’elle-même.

À vous, les premiers responsables

Soignez vos premières impressions. Renseignez-vous sur vos collaborateurs, cherchez leurs forces, et surtout, parlez positivement d’eux, particulièrement lorsqu’ils sont présents. Parce qu’un bon responsable ne se contente pas de gérer des compétences : il révèle un potentiel. Et parfois, deux minutes suffisent pour commencer à changer la manière dont une personne se voit elle-même.

Balla, merci. Tes quelques mots ont marqué mes débuts chez CARE et, surtout, ils m’ont rappelé une vérité que je n’oublie pas : les grands leaders ne cherchent pas seulement à être entendus, ils utilisent leur parole pour élever les autres.

Alfousseni SIDIBE, 
Coach, formateur, conférencier certifié John C. Maxwell en leadership et croissance personnelle

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Un commentaire

  1. On dit souvent que la valeur d’un homme se résume au bien qu’il a contribué à faire autour de lui.

    Et c’est pourquoi Balla Moussa, au delà de tout cela est une personne serviable.

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