
« Lorsque vous êtes au pouvoir, vos amis vous connaissent. Lorsque vous n’êtes plus au pouvoir, c’est vous qui découvrez vos véritables amis. »
— Kashim Shettima Mustapha, Vice-Président de la République fédérale du Nigeria, lors du premier anniversaire du décès de l’ancien Président Muhammadu Buhari.
Le pouvoir ne ment jamais. Il révèle.
Il attire les applaudissements comme la lumière attire les insectes. Tant qu’il est entre vos mains, on vous jure fidélité, on vous dit indispensable, on vous flatte à chaque décision. Vos silences sont interprétés comme de la sagesse. Vos erreurs, maquillées en génie. Tout le monde vous aime ou fait semblant.
Mais le pouvoir a une date de péremption.
Et le jour où il s’éteint, tout s’éteint avec lui. Les téléphones se taisent. Les visites s’espacent, puis disparaissent. Ceux qui juraient de mourir à vos côtés s’évaporent sans un mot, sans un regard. Et c’est dans ce silence assourdissant que la vérité éclate enfin : on n’applaudissait pas votre personne. On applaudissait votre fauteuil.
Ce n’est pas réservé aux chefs d’État. C’est la même leçon pour le ministre déchu, le directeur remplacé, le patron ruiné, le leader oublié, et même le parent dont les enfants ont grandi et s’éloignent. Personne n’y échappe.
Car le pouvoir n’est pas un trône éternel. C’est un prêt. Rien de plus.
C’est pour cela qu’un dirigeant lucide ne se construit jamais pour plaire aux courtisans — il se construit sur des principes. Les courtisans ne vous disent jamais la vérité. Ils vous disent ce qui vous berce. Ils vous enferment dans une bulle d’infaillibilité jusqu’au jour où cette bulle éclate et où vous tombez seul.
Les vrais alliés, eux, sont rares et souvent inconfortables. Ils osent vous contredire. Ils préfèrent vous perdre plutôt que de vous voir échouer en silence.
L’histoire ne retient pas les dirigeants qui manquaient d’intelligence. Elle retient ceux qui ont cessé d’écouter — trop occupés à savourer les acclamations pour entendre les avertissements.
Alors la vraie question n’est pas : combien de personnes m’acclament aujourd’hui ?
La vraie question est : combien resteront quand je n’aurai plus rien à offrir ?
Posez-vous, maintenant, sans complaisance :
- Ai-je autour de moi des gens qui osent me dire non ?
- Est-ce que je décide par conviction, ou par peur de déplaire ?
- Si je perdais tout demain — le titre, le bureau, le pouvoir — que resterait-il de moi ?
Les postes s’effacent.
Les privilèges s’évaporent.
Les applaudissements meurent avec le silence qui suit.
Mais une chose ne disparaît jamais : votre caractère.
Les courtisans suivent le pouvoir. Les gens de valeur suivent la personne.
Alors choisissez, dès aujourd’hui, ce que vous voulez qu’il reste de vous quand il ne restera plus rien.
Alfousseni SIDIBE,
Coach, formateur, conférencier certifié John C. Maxwell en leadership et croissance personnelle




