Hommage à Monsieur le Ministre Yaya Sangaré !

𝐇𝐨𝐦𝐦𝐚𝐠𝐞 𝐚̀ 𝐌𝐨𝐧𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐘𝐚𝐲𝐚 𝐒𝐚𝐧𝐠𝐚𝐫𝐞́!

𝑪𝒆 𝒋𝒆𝒖𝒅𝒊 2 𝒋𝒖𝒊𝒍𝒍𝒆𝒕 2026, 𝒕𝒖 𝒂𝒖𝒓𝒂𝒊𝒔 𝒆𝒖 62 𝒂𝒏𝒔.

Certaines personnes traversent notre existence comme une simple rencontre. D’autres y laissent une empreinte si profonde qu’elles en changent définitivement le cours.

Yaya Sangare était de celles-là.

Si quelqu’un m’avait dit qu’en août 2018, lors de notre toute première rencontre, cet homme me ferait suffisamment confiance pour me confier quelques semaines plus tard la responsabilité de sa communication en tant que chargé de mission, je lui aurais probablement répondu que cela était impossible.

Et pourtant, c’est exactement ce qui s’est passé.

Aujourd’hui, en repensant à ce parcours partagé, les souvenirs se bousculent et les émotions prennent le dessus. Les mots deviennent parfois difficiles à trouver lorsque le cœur parle plus fort que la raison.

Avant août 2018, Yaya et moi ne nous connaissions pas personnellement. J’avais son numéro de téléphone depuis 2016, obtenu grâce à mon cousin et homonyme, feu Fousseyni Sidibé. Pourtant, malgré toutes les occasions, je n’avais jamais osé l’appeler.

C’est mon estimé grand frère et conseiller, Soibou Mariko, qui a été à l’origine de ce rapprochement.

Après le second tour de l’élection présidentielle du 12 août 2018 et la proclamation des résultats du 20 août donnant la victoire au Président feu Ibrahim Boubacar Keïta, dont Yaya était le directeur de campagne pour la région de Sikasso, et moi directeur de cabinet du candidat Yeah Samake, Soibou me dit :

« 𝑨𝒍𝒇, 𝒗𝒂 𝒗𝒐𝒊𝒓 𝒀𝒂𝒚𝒂. 𝑽𝒐𝒖𝒔 𝒆̂𝒕𝒆𝒔 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒎𝒆̂𝒎𝒆 𝒕𝒆𝒓𝒓𝒆, 𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒑𝒐𝒓𝒕𝒆𝒛 𝒍𝒂 𝒎𝒆̂𝒎𝒆 𝒂𝒎𝒃𝒊𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒀𝒂𝒏𝒇𝒐𝒍𝒊𝒍𝒂. 𝑳𝒂 𝒄𝒂𝒎𝒑𝒂𝒈𝒏𝒆 𝒆𝒔𝒕 𝒕𝒆𝒓𝒎𝒊𝒏𝒆́𝒆 ; 𝒊𝒍 𝒆𝒔𝒕 𝒕𝒆𝒎𝒑𝒔 𝒅𝒆 𝒎𝒆𝒕𝒕𝒓𝒆 𝒗𝒐𝒔 𝒆́𝒏𝒆𝒓𝒈𝒊𝒆𝒔 𝒆𝒏𝒔𝒆𝒎𝒃𝒍𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒍𝒆 𝒅𝒆́𝒗𝒆𝒍𝒐𝒑𝒑𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒆 𝒗𝒐𝒕𝒓𝒆 𝒄𝒆𝒓𝒄𝒍𝒆. »

J’ai suivi son conseil.

J’ai envoyé un message à Yaya, alors député.

À ma grande surprise, il m’a répondu presque immédiatement et m’a donné rendez-vous le lendemain dans le bureau de son ami Bagagnoua, à l’ACI 2000.

Ce jour-là, je pensais rester dix ou quinze minutes. Finalement, notre échange a duré près de deux heures.

Deux heures de discussion passionnée sur Yanfolila, son avenir, sa jeunesse, ses défis et ses opportunités. Deux heures durant lesquelles le temps s’est littéralement arrêté.

Je compris alors ce que beaucoup ignoraient de lui.

De loin, Yaya pouvait impressionner, parfois même susciter des appréhensions.

Mais il suffisait de passer quelques minutes avec lui pour découvrir un homme profondément authentique.

Son franc-parler, son respect des autres, sa courtoisie naturelle et son humilité faisaient rapidement tomber toutes les barrières.

On arrivait avec une image ; on repartait avec une autre.

Une semaine plus tard, il me contacte pour m’informer que le ministre en charge de la Jeunesse de l’époque, Amadou Koïta, devait effectuer une visite à Yanfolila dans le cadre d’une activité liée à la Maison des Jeunes, le 1er septembre 2018.

Il me demanda si j’acceptais d’animer une formation sur le leadership et la citoyenneté.

J’ai accepté avec honneur.

Pour moi, c’était l’occasion de partager modestement mon expérience avec la jeunesse de notre cercle.

À l’issue de cette formation, il m’adressa un message de félicitations et de satisfaction.

Nos échanges se multiplièrent par la suite.

Puis vint le 9 septembre 2018.

Yaya Sangare fit son entrée dans le gouvernement de feu Soumeylou Boubèye Maïga en qualité de ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine.

En compagnie de mon ami Abdoulaye Yaro, je me rendis à son domicile pour le féliciter et lui réaffirmer toute ma disponibilité à l’accompagner dans cette nouvelle mission au service de l’État.

Très rapidement, nous avons commencé à réfléchir ensemble à sa stratégie de communication.

Les idées se sont transformées en collaboration, puis la collaboration en confiance.

En novembre 2018, cette confiance prit une forme officielle lorsqu’il me nomma chargé de mission en charge de la communication.

Je sais aujourd’hui que certains, dans son entourage, ne partageaient pas forcément ce choix.

Mais Yaya n’était pas un homme qui se laissait dicter ses décisions.

Lorsqu’il estimait qu’une personne méritait sa confiance, il l’assumait pleinement.

Et cette confiance, il ne me l’a jamais retirée.

J’ai eu l’honneur de travailler à ses côtés jusqu’au coup d’État du 18 août 2020.

Entre-temps, le 5 mai 2019, il avait été nommé ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions et Porte-parole du Gouvernement.

Durant toute cette période, un fait m’a particulièrement marqué.

Bien qu’il soit lui-même un homme des médias et un excellent communicateur, Yaya ne s’est jamais immiscé dans mon travail.

Jamais il ne m’a demandé d’appeler un journaliste pour faire retirer un article.

Jamais il ne m’a demandé de régler un compte dans la presse ou de mener une quelconque campagne de représailles contre un média.

Il respectait profondément les professionnels avec lesquels il travaillait.

Il me faisait confiance.

Il me laissait exercer mon métier avec liberté, professionnalisme et intégrité.

Cette attitude m’a profondément marqué et m’a enseigné des valeurs que je porte encore aujourd’hui.

La simplicité d’abord.

Malgré ses hautes responsabilités, Yaya est resté le même homme.

Accessible. Disponible. Attaché aux siens.

L’humilité ensuite. Le pouvoir ne l’avait pas changé.

La loyauté enfin. Une qualité devenue rare mais qu’il incarnait avec constance.

Au fil du temps, notre relation a largement dépassé le cadre professionnel.

Nous sommes devenus des frères.

Nos familles semblaient d’ailleurs avoir tracé ce chemin avant nous : sa mère était Sidibé, la mienne est Sangaré.

Comme un symbole, ce cousinage a renforcé un lien déjà bâti sur le respect, l’affection et la confiance.

Aujourd’hui, ce n’est pas seulement un ancien ministre que je pleure.

Je pleure un homme de confiance.

Je pleure un homme de parole.

Je pleure un homme de conviction.

Je pleure un frère.

Merci pour la confiance que tu m’as accordée.

Merci pour les opportunités que tu m’as offertes.

Merci pour les enseignements que tu m’as transmis.

Merci pour tous ces souvenirs qui continueront de vivre en moi.

Que Dieu, dans Son infinie miséricorde, t’accueille auprès de Lui, te pardonne tes fautes et t’accorde le repos éternel.

Tu as quitté ce monde, mais tu n’as pas quitté nos cœurs.

Ton passage sur cette terre a marqué des vies, inspiré des vocations et laissé une empreinte indélébile.

Et pour cela, cher Yaya, nous te serons éternellement reconnaissants.

𝑹𝒆𝒑𝒐𝒔𝒆 𝒆𝒏 𝒑𝒂𝒊𝒙, 𝑴𝒐𝒏𝒔𝒊𝒆𝒖𝒓 𝒍𝒆 𝑴𝒊𝒏𝒊𝒔𝒕𝒓𝒆 𝒀𝒂𝒚𝒂 𝑺𝒂𝒏𝒈𝒂𝒓𝒆́.

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