
« Nous dépensons de l’argent que nous n’avons pas pour acheter des choses dont nous n’avons pas besoin afin d’impressionner des gens qui ne se soucient pas de nous. »
Cette pensée prend une toute autre dimension lorsqu’on se retrouve face à une simple question :
« Alf, est-ce que tu en as vraiment besoin ? »
C’est la question que m’a posée Kissima Traoré, un après-midi chez Walmart à Philadelphie. Une question banale en apparence, mais qui m’a fait remettre presque tout mon chariot en rayon.
Ce jour-là, j’ai compris que le problème n’était peut-être pas ce que j’achetais, mais pourquoi je l’achetais.
Voici la leçon que Kissima m’a donnée ce jour-là — une leçon qui pourrait bien changer votre façon de consommer, d’épargner et même de décider.
Une leçon inattendue à Philadelphie
En août 2025, je terminais ma certification en coaching avec l’équipe de John C. Maxwell, à Orlando. Sur le chemin du retour, j’ai fait escale à Philadelphie chez Kissima Traoré, un grand frère que je connaissais grâce à mon ami Baou Diané.
Kissima m’a ouvert sa porte pour quelques jours d’échanges : leadership, intelligence artificielle, business, vision de vie. Le genre de conversations qui vous font grandir sans que vous vous en rendiez compte.
Un après-midi, direction Walmart pour quelques courses. Rayon après rayon, mon chariot se remplissait tranquillement. Kissima m’observait, amusé, et m’a simplement lancé :
« Alf, prends tout ce que tu veux. Mais à la fin, je vais te faire passer un petit exercice. »
Je n’y ai pas prêté attention. Jusqu’à la caisse.
La question qui change tout
Là, Kissima m’arrête :
« Tu as déjà beaucoup de choses à Bamako. Parmi tout ce que tu as mis dans ce chariot, qu’est-ce dont tu as réellement besoin — et que tu n’as pas déjà chez toi ? »
Silence.
J’ai commencé à reprendre chaque article, un par un. Celui-ci, vraiment ? Et celui-là ?
Article après article, le chariot se vidait. Je suis finalement sorti du magasin avec… deux culottes.
Tout le reste ? Resté sur le rayon.
Besoin, envie ou impulsion ?
Ce jour-là, j’ai compris une chose simple mais puissante : je n’achetais pas par nécessité, j’achetais par envie. Et nous faisons souvent la même chose : des vêtements qu’on portera à peine, des paires de chaussures en trop, des gadgets oubliés en quelques semaines. Puis, en fin de mois, on se demande pourquoi il ne reste rien à épargner.
Le vrai problème n’est pas toujours ce que nous gagnons, mais ce que nous faisons de ce que nous gagnons. Et une bonne partie de nos achats répond à une seule motivation cachée : impressionner des gens qui, en réalité, ne nous regardent même pas.
5 questions à se poser avant chaque achat
La prochaine fois que vous hésitez devant un article, posez-vous ces cinq questions :
- Est-ce que j’en ai vraiment besoin ?
- Ai-je déjà quelque chose qui remplit la même fonction ?
- Si personne ne le voyait, l’achèterais-je quand même ?
- Cet achat correspond-il à mes priorités actuelles ?
- Si je gardais cet argent, à quoi pourrait-il servir de plus important ?
Ces questions sont simples. Mais elles suffisent souvent à transformer une impulsion en décision consciente. Et surtout : donnez-vous le droit d’attendre. Ce qui vous attire aujourd’hui ne mérite pas forcément d’être acheté aujourd’hui.
Au-delà de l’argent : que gardez-vous dans votre vie ?
Cette histoire dépasse largement le cadre financier. Nous accumulons aussi, sans le remarquer, des engagements, des habitudes, des relations, des projets dont nous n’avons plus vraiment besoin.
Alors posez-vous la même question qu’à la caisse de ce Walmart :
- Qu’est-ce que je dois garder ?
- Qu’est-ce que je dois arrêter ?
- Et qu’est-ce que j’ai le courage de remettre en rayon ?
Car grandir, ce n’est pas toujours ajouter davantage. Parfois, grandir, c’est simplement apprendre à faire le tri — dans son chariot, comme dans sa vie.
Merci à Kissima Traoré et Baou Diané, dont l’hospitalité et les échanges ont inspiré cette réflexion. C’est aussi ça, le leadership : des rencontres qui nous obligent à voir plus clair.
Alfousseni SIDIBE,
Coach, formateur, conférencier certifié John C. Maxwell en leadership et croissance personnelle





J’aime ce que vous faites comme métier
Merci pour les encouragements Hawa