Deux échecs, une troisième chance : ce que le Mandela Washington Fellowship m’a appris sur la persévérance

Alfousseni Sidibe & Jonathan Koppell, Dean of ASU College of Public Programs

Comment j’ai transformé deux refus en tremplin pour vivre l’une des expériences les plus marquantes de ma vie.

En 2016, je me suis retrouvé dans la même salle que le président Barack Obama, à Washington. Mais avant d’en arriver là, j’avais été recalé deux fois au même programme, en 2014, puis en 2015.

Si j’avais abandonné après le premier refus, je n’aurais jamais vécu ces six semaines extraordinaires aux côtés de 49 leaders venus de 30 pays africains, ni croisé la route de l’équipe pédagogique de l’Arizona State University, ni participé au sommet présidentiel de trois jours qui a suivi le programme.

Voici comment j’ai transformé deux échecs en une information stratégique, plutôt qu’en une sentence.

Premier refus : un signal, pas une fin

En 2014, ma candidature n’a même pas été retenue pour l’entretien de demi-finale. J’aurais pu conclure que je n’étais « pas fait pour ça ». Au lieu de cela, je me suis posé une question simple : qu’est-ce qui a manqué dans mon dossier ?

En relisant les critères de sélection, j’ai compris une chose essentielle : je devais démontrer ma passion à travers des actions concrètes, pas seulement des mots. Le jury ne cherchait pas un profil parfait sur le papier, mais une preuve d’engagement réel sur le terrain.

Ajuster le plan plutôt que d’abandonner le rêve

Cette prise de conscience a changé ma trajectoire. Je suis retourné dans mon village natal, Bandiala, pour partager ma passion pour le développement communautaire avec les jeunes, ce qui a débouché sur la construction de logements pour les enseignants de l’école locale.

De retour à Bamako, j’ai lancé le Let’s Speak English Forum, un espace gratuit pour pratiquer l’anglais entre les jeunes et les professionnels. Puis, avec d’autres leaders, nous avons fondé Bamako English Toastmasters Club, le tout premier club anglophone de Toastmasters International du Mali, dédié au développement de la prise de parole en public et du leadership.

En 2015, ces efforts ont porté leurs fruits : j’ai été sélectionné parmi les demi-finalistes pour un entretien. Je n’ai pas obtenu la bourse cette année-là, mais j’ai atterri sur la liste d’attente. Un progrès, même invisible aux yeux des autres, reste un progrès.

Continuer à construire, même sans garantie de résultat

Plutôt que d’attendre passivement une troisième tentative, j’ai continué à me former et à agir :

  • Participation à un TechCamp du réseau YALI en Afrique du Sud (octobre 2015)
  • Participation au Sahel Leadership Program au Burkina Faso, pour mieux comprendre les enjeux de la région (début 2016)
  • Création de Live Your Dream, une organisation dédiée à l’autonomisation des jeunes en leadership, prise de parole et entrepreneuriat (2016)

Chacune de ces expériences n’était pas pensée uniquement comme une ligne de plus sur un CV. C’était une manière concrète de devenir la personne que je voulais être, indépendamment du résultat de ma candidature.

La troisième candidature : quand la préparation rencontre l’opportunité

En 2016, j’ai postulé une troisième fois, cette fois avec un dossier pour le programme d’expérience professionnelle (PDE), le stage de suivi réservé à 100 boursiers. Après l’entretien, j’ai obtenu la bourse principale, mais pas le PDE.

Puis, en plein programme, une nouvelle est tombée : je pourrais rester six semaines supplémentaires aux États-Unis dans le cadre du PDE, pour continuer à me former.

Douze semaines aux États-Unis. Des centaines de rencontres professionnelles. Et une poignée de main avec John McCain le challenger du président Obama en 2008.

Ce que cette expérience m’a appris sur l’échec

Les deux refus de 2014 et 2015 n’étaient pas des jugements sur ma valeur. C’étaient des données. Chaque retour, même silencieux, contenait une information que j’ai choisi d’utiliser pour ajuster mon plan.

C’est là toute la différence entre subir un échec et l’exploiter :

  • Analyser plutôt que ruminer : qu’est-ce qui, concrètement, a manqué ?
  • Agir sur ce constat, même sans garantie que cela suffira.
  • Continuer à se construire, indépendamment du calendrier des résultats.
  • Se représenter, avec un dossier renforcé par des preuves tangibles.

En conclusion : ne renoncez pas avant l’heure

Si vous avez été recalé une fois, deux fois, ou plus, pour une bourse, un poste ou un projet qui vous tient à cœur, posez-vous la même question que je me suis posée : qu’est-ce que ce refus m’apprend sur ce que je dois ajuster ?On ne sait jamais à quel moment la préparation rencontrera la chance.

Alfousseni SIDIBE, 
Coach, formateur, conférencier certifié John C. Maxwell en leadership et croissance personnelle

Merci de votre visite et vous y êtes presque !
Pour ne rien manquer de nos articles sur le leadership, le développement personnel & professionnel, la communication, la confiance en soi,

Abonnez-vous dès maintenant.

Merci de votre visite et vous y êtes presque !
Pour ne rien manquer de nos articles sur le leadership, le développement personnel & professionnel, la communication, la confiance en soi,

Abonnez-vous dès maintenant.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *